COMBATS DANS LE SECTEUR DE PERCY

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1/        Le 28 juillet, trois miles au sud de la ville de SAINT LÔ, les colonnes convergent vers les carrefours de SAINT SAMSON DE BONFOSSÉ, créant un difficile problème de circulation.

            S’ajoutent à la congestion, les chars et les half-tracks de la 2nd Armored Division, qui se sont infiltrés derrière les unités déjà en marche. L’apparition de ces blindés sur la route est une surprise totale pour la 29th Infantry Division : d’après le plan, ils auraient dû être au sud de la zone affectée à la BLUE AND GRAY division.

            En partie à cause de cela, l’ennemi occupe toujours certaines parties de la zone.

2/        Les chars de la 2nd Panzer Division restent actifs dans les environs de LA DENISIÈRE, ce qui rend l’occupation ultérieure de la zone confuse et précaire.

            Les éléments de tête et les éclaireurs sont les premiers à rencontrer cet ennemi qu’on n’attend pas.

            Les membres avancés du PC divisionnaire, qui avaient précédé le corps principal, se font tirer dessus tandis qu’ils mettent en place leur quartier général, qu’ils doivent quitter précipitamment, se retirant au nord de LE MESNIL HERMAN.

            La reconquête de la région est marquée par de fréquents combats à l’arme légère avec les Allemands.

            La division détachée, qui mène la marche du 175th Infantry Regiment, atteint la zone vers 09h00.

            Cependant, il ne faut pas longtemps avant que l’instabilité de la situation ne devienne évidente.

3/        Le 175th IR ferme sa zone à 22h45, le 116th IR vers 23h55.

À minuit, le 115th IR n’a que deux bataillons dans sa zone d’affectation, le reste est en route.

            À l’arrivée de la nuit, les avions allemands survolent la zone en larguant des bombes antipersonnelles.

            La colonne du 115th, toujours sur la route, et le PC divisionnaire sont tous deux frappés par ces bombes, mais les dommages sont légers.

            Des bombes tombent aussi dans la zone du quartier général du deuxième bataillon 175th IR, précisément là où l’artillerie divisionnaire concentre un grand nombre de ses Cub Planes : un avion est détruit et un autre endommagé partiellement.

4/        Les unités du COMBAT COMMAND A de la 2nd Armored Division tiennent des positions défensives dans la zone où la 29th Division assume ses responsabilités, sur la ligne générale PERCY--- MOYON, flanquée à gauche par la 30th Division et sur la droite par la 4th Division.

            Le 29 juillet, la BLUE AND GRAY Division s’installe dans la ligne.

            Sa mission initiale est d’avancer à l’est vers la VIRE, dans le sillage du COMBAT COMMAND A de la 2nd Armored Division.

Le 116th et le 175th doivent attaquer côte à côte, avec le 115th initialement de réserve.

5/        Le 116th avance rapidement dans sa zone avec ses trois bataillons ; son premier bataillon relève le deuxième bataillon du 66th Armored Regiment à MOYON.

            Le 175th avance au sud, depuis les environs de LA VALLÉE, son troisième bataillon atteint, à environ mille yards, le sud de la route de VILLEBAUDON --- TESSY SUR VIRE.

            Son premier bataillon avance rapidement, via LA TILANDIÈRE, pour assurer la relève du troisième bataillon du 66th Armored Regiment, sur les hauteurs au nord-est de PERCY.

6/        Le deuxième bataillon du 116th s’installe d’abord à l’arrière des premier et troisième bataillons, afin de contourner et de ratisser les groupes ennemis.

            Au 30 juillet, la ligne de front de la division fait face au sud-est, sauf sur le flanc droit, où elle regarde au sud, vers PERCY.

            La mission de la 29th, ce jour-là, est de s’emparer des hauteurs dans sa zone, au nord de la route PERCY --- TESSY SUR VIRE, de continuer au sud-est, d’avancer pour s’emparer des hauteurs à proximité de SAINT VIGOR DES MONTS et de réduire une forte poche de résistance présentée par des unités de la 2nd Panzer Division au nord-ouest de TESSY SUR VIRE.

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7/        La reprise de l’attaque à 08h30 trouve une résistance ennemie accrue, tout au long de la ligne de front.

            En peu de temps, une forte attaque lancée contre le front tenu par le 175th, qui s’ajoute à une force ennemie estimée à sept chars et une compagnie d’infanterie, enfonce le saillant entre les deuxième et troisième bataillons.

            À 10h30 après une préparation d’artillerie extrêmement lourde, l’ennemi fait reculer le flanc gauche du deuxième bataillon et le PC du bataillon est partiellement envahi.

            La compagnie G et l’état major du deuxième bataillon se retirent sur les hauteurs de LA JAMETIÈRE, où ils se réorganisent pour se défendre.

8/        Peu avant midi, un coup écrasant est asséné au 175th lorsque, durant quinze minutes, une concentration d’artillerie ennemie frappe le poste de commandement régimentaire.

            Un obus atterrit directement sur la tente du S-3, tuant ou blessant douze de ses treize occupants.

            Seul le Major GEIGLEIN, du S-2 du régiment, s’en sort sain et sauf.

            On estime qu’au moment de ces tirs d’artillerie, deux équipes d’infanterie allemande, appuyées par des chars, se sont retrouvées proches des haies du PC.

            Les militaires du PC, sont rapidement mis en position défensive, sous la direction du Staff Sergeant PRATT.

9/        Le sergent ABE SHERMAN, ancien combattant de la première guerre mondiale affecté à ce moment-là au S-1 du régiment, se montre tout aussi actif dans le ralliement des hommes à la défense du PC.

            L’attaque est finalement repoussée, mais l’état major en ressort gravement affaibli.

10/       Cinq hommes ont été blessés et trois officiers tués, l’un d’eux est le lieutenant colonel EDWARD A. GILL.

            Plus tard dans la journée, le 175th est encore frappé au moment où son commandant de régiment, le colonel REED, tente d’atteindre les premier et deuxième bataillons, qui étaient coupés du reste du régiment.

            Le colonel REED est victime d’un tir d’artillerie au carrefour central de VILLEBAUDON, il décède des suites de ses blessures causées par fragments d’obus.

            À environ 14h00, le premier bataillon du 175th, qui était resté dans des positions défensives au sud de VILLEBAUDON, est relevé par le deuxième bataillon du 115th. Il prend position dans les collines au nord et au nord-ouest de PERCY en prévision de l’attaque de la ville.

11/       Toutefois, des infiltrations ennemies au nord-est de PERCY menaçaient les communications sur la route de PERCY --- VILLEBAUDON, et le premier bataillon du  175th, quittant son relief, s’installe dans les environs de LA TILANDIERE pour tenir la route.

            Le plan d’attaque original de PERCY par le 115th envisageait la prise de la ville par un assaut frontal, avec le troisième bataillon qui se déplacerait directement contre l’objectif, tandis que les premier et deuxième bataillons (qui ont remplacé le premier bataillon du 175th) nettoieraient les collines à l’est et à l’ouest de la ville.

12/       Le troisième bataillon, attaquant des collines au nord de PERCY, traverse le front, et commence l’attaque finale de la colline qui domine la ville, avant d’être victime de forts tirs ennemis.

            Le bataillon subit de lourdes pertes et ne peut prendre son objectif.

Le premier bataillon, sur la droite, réussit à se déplacer vers le bas de la colline, au nord-ouest de PERCY à 300 yards de la ville, mais il est accueilli par une contre-attaque agressive de l’infanterie allemande et des blindés du 116ème Panzer Division qui faisaient partie de la contre attaque. Les tirs du 116ème frappent aussi le 116th et le 175th.

13/       Deux des trois tanks destroyers de la 821st, soutenant le bataillon, sont frappés par des 88mm. Ils explosent et brûlent, tandis que le troisième tank destroyer, est pris au piège, est capturé intact et son canon est retourné contre la compagnie A.

            L’artillerie ennemie et les tirs des tanks pilonnent cette zone et les observateurs avancés du 110th Field Artillery Battalion ne peuvent pas donner les ordres de feu par la radio. Du fait que le premier bataillon a dû descendre de sa colline, les transmissions avec l’arrière sont bloquées.

14/       Le lieutenant JOHN A. PERKINS, officier de liaison de l’artillerie, se montre d’une aide précieuse en dirigeant les tirs d’artillerie grâce à une ligne téléphonique qui a été posée.

            Lorsque la ligne est coupée par l’artillerie ennemie, il la répare personnellement ; il est tué peu après, alors qu’il tente d’évacuer un soldat blessé.

            Toutefois, une concentration du 110th Field Artillery Battalion qui comprend beaucoup d’obus au phosphore, permet enfin au premier bataillon de se retirer dans ses positions sur la colline, où il peut s’enterrer pour la nuit.

15/       Sur le flanc gauche, le 116th fait peu de progrès ce jour-là dans la zone de MOYON contre les chars du 2ème Panzer Division.

            Sept de ces tanks sont, en réalité, derrière les lignes de la 29th, circulant à proximité du carrefour de LA DENISIÈRE.

            Dans cette position dominante, ils parviennent à ralentir les colonnes de la 28th Division, qui avançaient vers le bas de la route de SAINT LÔ, en route vers PERCY pour assurer la relève de la 115th.

16/       La compagnie G du 116th est affectée à la 28th Division pour nettoyer la poche où se trouvent les tanks ennemis.

            Les fantassins traquent les tanks avec des bazookas et aident à les chasser d’un carrefour. Puis la 28th reprend sa marche vers PERCY.

            Plusieurs changements de commandement ont lieu au cours de cette période.

            Le colonel PURNELL, Exeutive Officer du 175th, devient le commandant du régiment.

            Le major SHOREY succède au major JOHN C. GEIGLEIN comme commandant du premier régiment 175th.

            Le colonel BINGHAM du deuxième bataillon 116th et le colonel BOWEN, du deuxième bataillon du 175th ont été tous deux blessés et les commandements passent respectivement au capitaine CLAUDE C. MELANCON et au major CHARLES R. CAWTHON.

17/       Dans son opération pour la prise de PERCY le 31 juillet 1944, le 115th, avant d’être relevé par la 28th, réalise un gain significatif par l’action de son deuxième bataillon.

            Depuis sa position sur la colline au nord-est de PERCY, il avance sous une forte résistance, et le feu d’une artillerie allemande extrêmement lourde. Cette attaque a pour but la capture de la seconde colline qui constituera un lieu d’observation imprenable sur la ville.

            L’occupation de cette colline allège le fardeau de la 28th, qui après avoir relevé les premier et troisième bataillons du 115th, entre dans PERCY et occupe la place.

            Cependant, la ville s’avère être intenable, et les unités de la 28th Division se retirent vers le nord de PERCY, où ils préparent une attaque coordonnée sur leur objectif.

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18/       Aussitôt relevé par la 28th, le 115th tourne sa ligne presque plein est pour se conformer à la direction d’attaque de la 29th. Il fait mouvement vers l’est pour capturer les hauteurs à proximité de MONTABOT au nord de la route PERCY --- TESSY SUR VIRE.

            Au petit matin, les premier et deuxième bataillons du 175th, déplacent leurs lignes au nord, aux environs de VILLEBAUDON.

            À midi, le 175th attaque avec le COMBAT COMMAND A de la 2nd Armored Division, poussant sa ligne à l’est de BEAUCOUDRAY sur la route PERCY --- TESSY SUR VIRE.

            Cependant, sur le flanc gauche de la division, les unités de la 2ème Panzer Division combattant obstinément pour empêcher la traversée à l’est de la rivière VIRE, tiennent fermement la position contre le 116th dans la zone de MOYON.

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19/       Au cours d’une de ces journées où la progression est lente, le commandant général du FIGHTER COMMAND IX, le major général PETE QUESADA, entre dans le PC de la 29th Division et veut savoir pourquoi la progression est si lente.

            « — Pourquoi l’infanterie ne se déplace-t-elle pas plus rapidement ?? L’Air Force a fait son           travail. Doivent-ils combattre seuls pendant cette guerre ?? » 

            Il veut remonter la ligne de front pour voir ce qui se passe, aller jusqu’à la route de VILLEBAUDON --- TESSY SUR VIRE où attaquait la 2nd Armored Division.

            Le général GERHARDT lui dit :

            « — Fort bien, je vais vous donner un guide. 

            ­— Bon Dieu, non ! Répond-il. Je suis habitué à passer chez l’ennemi. Je suis un aviateur. Je peux trouver mon chemin. »

            Le major général QUESADA prend sa jeep sur la route de TESSY, au-delà de la ligne de front de la division.

« — Dites, ce char allemand ne semble pas avoir été détruit. », dit le major général QUESADA au colonel de l'armée de l'air, qui l'accompagne.

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            Et son observation est à cent pour cent correcte.

            Quelques secondes plus tard, un obus anti-blindage de 88mm passé au travers de la jeep, la transforme en une masse de débris et projette le général QUESADA et son compagnon dans un fossé au bord de la route.

            Après qu’un inventaire rapide révèle qu'il n’y a aucun dommage corporel à déplorer, ils rampent en arrière le long d'un fossé, jusqu’à ce qu’ils soient hors de portée des mitrailleuses du tank. Puis ils se relèvent et se précipitent vers leur quartier général.

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Lorsque la jeep aux deux étoiles est retrouvée mutilée sur la route, l’état major général de la division découvre toute l’histoire avec une grande joie, reconnaissant que c’est une démonstration fracassante du rôle de l’infanterie aux yeux de l’Air Force.

            Sur ordre du général GERHARDT, la jeep est récupérée, enveloppée dans de la cellophane et ornée d’un énorme ruban.

            Puis elle est mise sur un camion 21/2 tonnes et est envoyée au quartier général du major général QUESADA.

LA POURSUITE

            Le 01 août apportait la capture de TESSY SUR VIRE, sur la gauche, par le COMBAT COMMAND A  2nd Armored Division, et sur la droite la capture de PERCY par la 28th Infantry Division.

            Le même jour voyait également la prise importante d’AVRANCHES par le VIII CORPS.

            Avec la chute de cette ville s’est ouvert un corridor côtier et la troisième armée a pu commencer à sortir de la péninsule de CHERBOURG.

            Les tanks de la THIRD ARMY pouvaient à présent balayer vers le sud afin de commencer le grand mouvement d’encerclement qui devait créer la poche de FALAISE.